Henri Monfort – L’état pranique

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Bretariens, respiriens, êtres praniques nourriture pranique: selon certaines personnes, le corps humain peut être nourri par d’autres formes d’énergie, ainsi que par la nourriture. Dans cette interview Henri Monfort raconte son point de vue personnel. Avec cette vidéo Veggie Channel vise à informer un phénomène qui à ce jour n’a pas encore fait l’objet d’aucune étude scientifique valable. Les déclarations faites dans cette interview doit donc être compris que comme une opinion personnelle du sujet interrogée.

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Alyna Rouelle – Se nourrir de Lumière

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 » Depuis plusieurs années je suis fascinée par un sujet aussi vaste que pointu, précis,intime… : se nourrir de Lumière.

Depuis quelques mois désormais c’est ainsi que je me nourris, en ne faisant plus qu’Un avec la Lumière Divine qui vit en, et autour de chacun de nous et de tout ce qui est. C’est une Joie immense, illimité et éternelle que de transmettre le fruit de cette expérience unique, magique et magnifique. « 

Alyna Rouelle

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Être sans avoir

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 » Comment peut-on vivre pauvre et heureux aujourd’hui ? A 57 ans, Jean-Paul n’a qu’un seul regret, c’est d’avoir travaillé 2 ans dans sa vie, « 2 ans de trop, depuis je n’y suis jamais retourné » !  »

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Mouvement pour une Civilisation Consciente et Autonome

Mouvement pour une Civilisation Consciente et Autonome

Le projet Mocica est un mouvement qui propose en 3 étapes le passage à un modèle de société sans argent, géré par une organisation démocratique globale (l’ODG5).

Comment fonctionne un monde sans argent ? Par la mise à disposition gratuite de sa vocation à la communauté. Par exemple, échanger la consultation d’un médecin contre un merci. S’il a un problème de voiture, il remerciera son garagiste, et ainsi de suite.

A la place d’un retour immédiat et équivalent par l’argent, chacun obtiendra un retour différé et multiplié par toute la communauté :

  • nous serons libres et égaux
  • les dettes n’existeront pas
  • chacun exercera sa vocation
  • l’organisation sera fluide
  • il n’y aura aucun trafic mafieux, ni corruption
  • nous ne chercherons plus le profit
  • nous n’épuiserons pas nos ressources plus que le nécessaire
  • celui qui n’a rien à échanger pourra intégrer la vie en communauté

Un monde gratuit ne poussera aucunement à ne rien faire. Au contraire, être utile aux autres est un besoin fondamental. Les conditions de travail actuel (fragilité de l’emploi, stress, salaire minium, rendement maximum) nous a fait perdre tout enthousiasme. Pour retrouver entente et engouement, chacun doit être libre d’exercer sa vocation. Dans un monde où l’argent n’existe pas, il n’est pas possible de payer pour obtenir quelque chose. C’est pourquoi il est dans l’intérêt de chacun de participer à la vie en communauté à niveau égal des autres.

Dans un monde juste, les tâches peu enthousiasmantes sont l’affaire de tous. Par nos connaissances communes et la masse d’êtres humains, une organisation efficace et peu contraignante individuellement pourra être mise en place.

Le projet Mocica propose ce changement en 3 étapes.

Etape 1 : Le rassemblement

L’adhésion en tant que membre du projet signe son approbation à le suivre.

Chaque membre travaille pour communiquer le projet autour de lui.

Nous entamons un réseau d’organisation sans argent et menons des actions solidaires.

Nous passerons à l’étape suivante lorsqu’un accord massif au niveau planétaire sera décidé.

Etape 2 : La transition

Nous continuerons l’activité que nous menions, mais sans utiliser aucun moyen de paiement.

Nous garderons ainsi les rouages nécessaires au bon déroulement de notre société.

Disparaitront :

  • les activités liées à l’argent (banques, spéculation boursières, assurances etc)
  • les activités nuisibles (Monsanto, corruption, trafic d’enfants, de femmes, d’animaux, d’armes, déforestation, obsolescence programmée, etc)

Nous passerons à l’étape suivante lorsqu’un accord massif sera décidé.

Etape 3 : L’organisation

Continuons à faire tourner les mécanismes fondamentaux de la société.

Échangeons idées, initiatives et compétences pour le bien général.

Adaptons-nous aux changements des activités les plus difficiles.

Soutenons-les et privilégions l’aide dans les zones en difficulté.

Pour l’organisation générale nous proposons une Organisation Démocratique Globale à 5 niveaux d’assemblées (ODG5). Celle-ci permettra à chacun de participer aux décisions le concernant, à différents niveaux, que ce soit à un niveau local (par exemple : une ville) ou plus global (par exemple : choix concernant l’Humanité ou la Planète)

 

Pour en savoir plus : http://mocica.org/fr/Project

https://www.facebook.com/mocica.org/?fref=ts

A Bagnaia, on partage tout, la propriété a disparu, et ça marche

 

Depuis trente-cinq ans, la communauté de Bagnaia, en Italie, vit selon des principes de collectivisation des terres et des richesses, d’autonomie alimentaire et de partage du travail. Une expérimentation sociale et agricole qui bouscule les fondements de notre société de consommation.


Sur la terre rouge de Sienne, la Comune di Bagnaia est un projet hors du commun, et presque utopique. En trente ans, un réel exemple d’expérience de vie sociale basée essentiellement sur l’autonomie, la collectivisation de la richesse, l’égalité et la solidarité, a été mis en place.

Bagnaia, c’est aussi une ferme, menée selon les principes de l’agriculture biologique, atypique de par ses objectifs de production et son fonctionnement. Fortement imbriquée dans le projet de la Comune, son premier objectif est de produire non pas pour générer un revenu mais pour nourrir les habitants du lieu.

La Comune ou le « Vivere assieme » (Vivre ensemble)

La Comune di Bagnaia est née de l’émergence des idées des années post 68, dans l’objectif de créer un lieu collectif le plus autonome possible permettant de se libérer des contraintes du libéralisme et de la consommation de masse.

Aujourd’hui, elle regroupe vingt-cinq personnes (enfants et adultes), et chacun des adultes a fait le choix d’« investir » dans la vie communautaire en se libérant de la propriété individuelle. Pour rejoindre la Comune di Bagnaia, on ne peut posséder ni propriétés ni argent ; tout est légué à la communauté.

Ainsi, ils ont réussi à mettre en place un système économique, poussé à l’extrême, au sein duquel l’ensemble des richesses sont mises en commun et sont ensuite redistribuées. Les richesses proviennent essentiellement des ventes des produits de la ferme, des revenus des habitants travaillant à l’extérieur et des dons et legs.

Les richesses mises en commun sont ensuite redistribuées aux habitants sous la forme d’« argent de poche » : environ 200 euros par mois et 900 euros par an par habitant pour un mois de vacances. La quasi-totalité des autres besoins étant déjà pris en charge par la communauté : la nourriture, un logement dans la grande ferme rénovée, les dépenses d’essence, les visites médicales et frais de santé, la facture téléphonique, l’université pour les enfants…

Ainsi, grâce au système de collectivisation, chaque habitant dispose d’un habitat, d’un cadre de vie, d’un confort et d’infrastructures qu’il serait difficile d’acquérir dans un cadre strictement individuel.


– L’ancienne ferme rénovée –

Décisions par concensus

Les décisions sont prises selon les principes du consensus, c’est-à-dire qu’il est nécessaire que l’ensemble des membres se soient mis d’accord avant qu’une décision soit validée. Plus précisément, il faut que personne ne s’oppose à la décision, sachant qu’il est possible de ne pas être d’accord mais d’accepter tout de même la décision vis-à-vis de l’intérêt collectif.

Dans le cas d’une opposition, la proposition est repensée afin que chacun des membres y trouve son compte. Ce système semble donc plus abouti qu’un simple vote à la majorité, car par défaut, ce système laisse toujours une minorité insatisfaite.

A Bagnaia, une réunion est organisée chaque semaine et rassemble l’ensemble des habitants autours des sujets du moment. Une réunion extraordinaire annuelle est tenue afin de discuter des grandes orientations comptables et des dépenses à prévoir le long de l’année à venir.

Les repas du midi et du soir, pris collectivement, favorisent l’échange et le dialogue au quotidien. Chaque individu a un rôle à jouer dans la Comune, en tant que cuisinier, femme ou homme de ménage, gestionnaire… Les tâches s’effectuent à tour de rôle et selon les dispositions de chacun ; ainsi l’ensemble des habitants participe à la vie de la communauté.

Outre cette vie collective, la Comune di Bagnaia, c’est aussi un projet de recherche d’autonomie. Des panneaux solaires produisent tout au long de l’année plus d’énergie que ce que la ferme ne consomme. L’hiver, le bois coupé et récolté permet de chauffer la bâtisse.

L’eau de pluie est recueillie dans un petit lac artificiel et utilisée pour irriguer les cultures. Une source offre aux habitants une eau potable. Outre la problématique énergétique, cette recherche d’autonomie tend aussi à satisfaire les besoins alimentaires de la communauté grâce à sa production agricole.


– La ferme de Bagnaia –

Agriculture et autonomie alimentaire

Dans un contexte italien où l’auto-suffisance alimentaire ne semble pas une priorité, sachant que les supermarchés regorgent de nourriture bon marché, le projet de Bagnaia consiste à produire au maximum la nourriture qui est consommée sur place par les habitants.

De ce fait, ce système de production agricole s’inscrit dans le projet social de la Comune et la recherche d’autonomie. Ici, l’agriculture n’a pas pour objectif premier de générer un revenu, mais de produire un produit sain et de qualité tout au long de l’année.

Cela bien évidemment afin de diminuer les dépenses alimentaires, mais surtout de rester au plus proche des valeurs de la communauté : respect de l’environnement et de l’homme ; cela leur permet notament de s’affranchir autant que possible du système de consommation de masse.

La Cooperative della Comune di Bagnaia est la structure officialisant l’existence de la ferme auprès des institutions. La ferme est une partie indépendante de la Comune di Bagnaia, sa comptabilité est gérée de telle sorte qu’elle soit toujours excédentaire.

Le résultat économique provient de la vente des produits, essentiellement au voisinage et aux amis, mais aussi de la somme qu’attribue la Comune di Bagnaia à la coopérative correspondant à la valeur de l’autoconsommation. De ce fait, le fonctionnement de la structure agricole est similaire à une ferme dite classique.

Dans une optique de recherche d’autonomie, les fondateurs de la Comune, ont choisi le lieu, notamment en fonction de ses capacités de production. Aujourd’hui, la Comune di Bagnaia s’étend sur près de quatre-vingt hectares incluant cinquante hectares de forêt.

Les trente hectares restant sont destinés à la culture des oliviers, de la vigne, des céréales, au maraîchage, aux arbres fruitiers, à la production de fourrage, à l’apiculture et à l’élevage. La production agricole très diversifiée a été pensée dans l’objectif premier de répondre aux besoins alimentaires de l’ensemble des habitants.

Grâce à une surface de maraîchage de 1,50 hectare, des légumes sont récoltés quasi-quotidiennement en fonction des besoins alimentaires. L’atelier d’élevage se cantonne essentiellement à l’auto-consommation : trois porcs, quatre taureaux, deux vaches laitières, une vingtaine de lapins, des pigeons, des poules…

La production d’huile d’olive, de vin et de miel représente l’essentiel des excédents vendus. Grâce à cette production, les habitants de la Comune sont autonomes à 100 % en viande, en huile d’olive, en vin et en farine. La production légumière ne permet pas une autonomie totale, notamment durant la saison hivernale.

Cette importante diversité animale et végétale favorise une réelle complémentarité entre chacun des ateliers de la ferme. Le fumier composté est utilisé directement sur le lieu, afin d’enrichir la terre en matière organique pour le maraîchage. Les chaumes du blé fournissent la paille, l’herbe des verger le foin et les céréales les compléments alimentaires nécessaires au bien être des animaux. Un système complexe mais qui donne à la ferme de Bagnaia une forte autonomie.

L’autoconsommation de la majorité de la production implique la mise en place d’infrastructures collectives de petite échelle qui permettent la transformation et la conservation de la production agricole : cave, pressoirs, fromagerie, un local de transformation, etc.

Ainsi tout au long de l’année, il est possible de déguster midi et soir sur les tables de la salle à manger : l’huile d’olive, le vin rouge, la viande séchée ou transformée, le fromage, le pain et toutes sortes de légumes cuisinées.

Les tâches agricole sont réparties en fonction des capacités des habitants travaillant au sein de la coopérative. Aujourd’hui, six personnes sont en charge du travail de la terre. Comme il n’y a pas de hiérarchie, chacun apporte sa force de travail et de décision, afin de faire avancer le projet agricole collectivement.

Chaque jour, la répartition des tâches s’organise naturellement. Chacun vaque à ses occupations : récolte, travail de la terre, désherbage ou encore soin des animaux, des abeilles, etc., cela dans une optique de « travailler pour vivre mieux ! ».

La majorité du « résultat » du travail de la terre est non économique mais visible de suite (ou presque) ; lors de la préparation des repas et dans les assiettes de chacun ; cela constitue une source de motivation très importante pour chacun des travailleurs. Une main d’œuvre importante est disponible occasionnellement et facilite les récoltes et la transformation de la production agricole.

Une expérience qui bouscule les grands principes de notre société

La Comune di Bagnaia est une expérience réussie qui va fêter ses trente-cinq ans cette année, et qui ne cesse de bousculer les grands principes de notre société. Elle remet les relations humaines au cœur du quotidien : une vie collective intergénérationnelle, au sein de laquelle personne ne pense à cotiser pour la retraite mais où chacun apporte à sa manière sa pierre à l’édifice.

Un équilibre, un véritable système de solidarité universelle au sein duquel chaque être humain, quelque soit son âge, ses capacités physiques ou mentales, a droit d’être. Une recherche d’autonomie poussée, qui prend tout son sens au travers du travail de la terre : produire avant tout pour nourrir les hommes et pour ne pas faire que « consommer », produire pour plus de liberté et pour être acteur de son quotidien.

La maison autonome : quand écologie rime avec liberté

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La maison autonome : quand écologie rime avec liberté

 

Au Nord de Nantes, la famille Baronnet prouve depuis 40 ans que l’on peut vivre d’amour, d’eau de pluie et de rayons du soleil. Bienvenue au éco-hameau autonome du Ruisseau.

L’histoire pourrait débuter ainsi : « Nous sommes en 2015. L’état a la main mise sur tous les Français… Tous ? Non ! Un petit hameau d’irréductibles écologistes résiste encore et toujours… »

Ce petit hameau, c’est l’antre de Brigitte et Patrick Baronnet qui avec leurs 4 enfants vivent avec 700 euros par mois sans factures d’eau ni d’électricité depuis 40 ans. Des ermites ? Non, des rêveurs pragmatiques qui placent la quête de l’autonomie au coeur de leur vie.

Patrick, toujours aussi passionné.

Commençons par le commencement. Nous sommes en mai 68. Les Baronnet prennent conscience “que les partis politiques ne changeront pas le monde. » S’ils veulent le faire bouger de leur côté, ils doivent miser sur l’autonomie. Ils décident ensemble de prendre leur vie en main, pour ne plus vivre par procuration.

Sur le papier c’est toujours plus facile à écrire, dans la réalité, il leur faut d’abord quitter Paris, leur ville natale. Nous sommes en 1976, Patrick vient de terminer ses études et s’apprête à enseigner. Il choisit de poser son cartable en Loire-Atlantique et, avec sa femme, s’installe à Chateaubriant. En arrivant, les deux jeunes mariés réalisent que pour atteindre leur but d’autonomie, ils doivent devenir propriétaires. Ils prospectent alors dans la campagne pour trouver un bien à acheter. Pour 6000€, ils dénichent la petite maison au milieu des champs où ils vivent encore aujourd’hui.

 

Le garde manger de la maison.

 

Dans les années 70, l’heure n’est pas à l’écologie. Brigitte et Patrick passent alors pour de doux allumés. Les paysans voisins ne leur donnent pas 7 ans avant de rejoindre les faubourgs parisiens. Pourtant le couple fait son petit bonhomme de chemin. Pendant 20 ans, ils tentent de s’affranchir “des faux besoins” et de trouver ce qui leur est le plus indispensable pour vivre : boire, manger, se chauffer, habiter, s’entraider… C’est ainsi qu’ils restaurent leur petite maison en la transformant en maison autonome, un véritable modèle écologique. Pour cela Patrick a inventé des techniques remarquables.

 

“J’ai la conscience libérée du poids d’être complice des pollutions et du gaspillage, en proposant une alternative crédible. » Patrick

 

Comment ça fonctionne une maison autonome ? Avec  le vent, la pluie, le soleil et la terre !  Les Baronnet ne reçoivent plus de factures d’eau depuis qu’ils ont enterré deux cuves en béton de 4000 litres dans leur jardin. L’eau de pluie glisse sur les toits et atterrit dans les cuves. Pour être totalement autonome en eau, il leur faut aussi réduire leur consommation ! Les Français consomment en moyenne 130 litres d’eau par jour et par personne, Brigitte et Patrick seulement 20 litres. Comment ? Grâce aux toilettes sèches. “Quand on sait que 25% à 30% de la consommation d’eau potable des ménages passe par les W.C, il n’y a pas de secret”.

Le but de ces toilettes est aussi de créer du bon compost. “On réintroduit nos déjections dans l’écosystème agricole, dans l’idée de créer un  cycle : on se nourrit, on nourrit la terre qui elle même nous nourrit… »

 

6m2 de photopiles.

Ici, on ne connaît pas plus les factures d’électricité ! Patrick et Brigitte se sont débarrassés de tout ce qui était trop énergivore et ont revu leur équipement en fonction de leurs besoins. Frigidaire et congélateur sont bannis de la maison depuis bien longtemps. La famille utilise un garde-manger dans une pièce fraiche ou dehors suivant la saison. Végétariens, ils vont directement chercher leurs légumes au potager ou mangent des légumes déshydratés ou lacto-fermentés.

Pour l’éclairage, les ampoules à led permettent de ne quasiment pas consommer d’énergie. Quant à l’eau elle est chauffée avec un bouilleur d’âtre en hiver et avec le chauffe-eau solaire en été.

 

Les serres captent la chaleur.

Enfin, pour se chauffer, le couple a favorisé une bonne isolation au chanvre et confient au bouilleur d’âtre ainsi qu’aux deux serres installés côté sud de la maison la totalité du chauffage.

Pas question pour autant de se couper du monde. Les Baronnet ont conservé, machine à laver, ordinateurs, téléviseurs et box internet tous équipés d’un interrupteur pour ne jamais les laisser en veille ! Pour leur fournir le peu d’énergie électrique dont ils ont besoin, la famille peut aussi compter sur le vent, grâce une éolienne vent faible et le soleil avec six panneaux photopiles (6m2).

Conclusion : pour transformer leur petit nid en maison confortable et autonome, pour changer la société sur leur palier, Patrick et Brigitte ont investi 14.000€ pour la vie ! Soit le prix d’une voiture neuve. Ca ferait pas un peu réfléchir ?

 

Le Zome, autre bâtiment écolo pour l'accueil du public.

Patrick et Brigitte Baronnet, créateurs de la Maison Autonome

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 » Ils nous racontent la genèse de leur projet de vie atypique, leur exode de la capitale pour un mode de vie raisonné, plus proche de la nature et plus respectueux de l’homme. 

 Depuis bientôt quarante ans, ce couple a fait ses preuves et accueille de nombreux visiteurs pour léguer leur savoir-faire autour de leurs maisons autonomes en énergie.
 
Au delà des techniques, cette première vidéo fait un retour sur les raisons qui les ont poussé à agir ainsi et sur les valeurs qu’ils portent. « 
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L’autonomie, une réconciliation avec les lois de la vie

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Depuis la nuit des temps et pendant des millénaires, l’autonomie a régi l’organisation et la survie des humains sur la Terre, aux quatre coins du globe. Garante de l’équilibre, elle s’inspire des mécanismes naturels de la planète elle-même, où l’autorégulation et la coopération ont toujours été les clés de la pérennité.

Au xvie siècle, lorsque le voyageur circulait à travers l’Europe, il découvrait partout où il allait une immense diversité de tribus et de communautés qui n’avaient pas les mêmes langues, vêtements, habitats, outils, etc. Cette diversité culturelle reflétait directement la créativité humaine dans son dialogue avec la nature. La nature inspirait l’imaginaire de l’homme, pour qu’il puisse assurer sa survie. Chaque communauté était alors autonome sur son territoire et répondait à ses besoins fondamentaux en tirant parti des ressources locales.

Avec l’avènement de la société industrielle, en à peine deux siècles, l’ensemble de cette organisation planétaire s’est effondré.

Tel Prométhée désirant s’affranchir du caprice des dieux, l’homme moderne a souhaité ne plus dépendre des éléments naturels qu’il ne maîtrise pas. Afin de s’autonomiser des limites imposées par la nature, il a pris un tournant inouï dans toute l’histoire, en plongeant dans l’ère du progrès technique, prétendument libérateur. Mais celui-ci se révèle être un traquenard incroyable : la société moderne, en se déconnectant des lois fondamentales de la vie, a perdu toute autonomie, sous prétexte de la gagner, jusqu’à compromettre sa propre survie !

L’industrialisation s’est bâtie sur l’exhumation des matières mortes que la planète avait pourtant stockées dans son sous-sol pour qu’on n’en parle plus. Quand nos civilisations se sont construites sur le pétrole, le minéral s’est retourné contre le biologique, polluant l’ensemble des facteurs essentiels à notre vie : l’air, l’eau, la terre, etc. Passant du cheval animal au cheval-vapeur, nous avons créé une vision différente du temps et de l’espace, produit de l’accélération, de la frénésie, et mis en place des outils pour servir ce productivisme. Mais ces outils, qui devaient être nos serviteurs, sont devenus nos maîtres. Eux qui devaient nous libérer nous asservissent complètement. Qui peut aujourd’hui se passer de la voiture, de l’électricité, de l’ordinateur ?

On a finalement bâti la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Si l’on supprime le pétrole, les transports et la communication, tout s’écroule ! Ces innovations mondialisées ont permis aux différentes communautés humaines de se connecter entre elles et à l’humanité de prendre connaissance d’elle-même, mais elles ont parallèlement véhiculé à toute allure et à travers le monde entier, tels un virus ou une peste, l’idéologie destructrice d’autonomie. C’est ainsi que des millions de paysans se retrouvent à trimer dans des monocultures vouées à l’exportation, sans plus pouvoir subvenir à leurs besoins fondamentaux, tout en rêvant d’un « ailleurs meilleur » que font miroiter les écrans de télé…

Dans ce système, on n’offre plus à nos enfants les moyens de développer leurs savoir-faire, y compris manuels, et, en les faisant grandir devant des écrans, on leur fait perdre toute autonomie. Ils sont, dès leur plus jeune âge, plongés dans un monde virtuel, déconnectés du monde réel et désocialisés. On délègue à des machines des activités que nous faisions avant avec notre esprit, notre corps, nos mains, notre intelligence. Combien de personnes transfèrent leur mémoire sur leur ordinateur !

La vision prométhéenne et le culte du progrès technique se révèlent être une grande illusion. Et, dans ce monde moderne, la quête du bonheur est en faillite complète. Ce modèle qui nous promettait libération, travail et sécurité s’avère irréaliste et terriblement angoissant. On est passé de la servitude réelle (l’esclavage) à l’esclavage salarié, où l’individu brade toute son existence pour un salaire. Cet individu est devenu un rouage d’un immense système extrêmement complexe, dans lequel il perd pied. Une unité qui doit produire et consommer des richesses, elles-mêmes concentrées dans les mains de quelques-uns.

La sémantique du mot « consommateur » dévoile une réalité terrifiante. Cet accaparement du bien commun de la part d’une extrême minorité humaine a rétabli la féodalité la plus horrible de l’histoire. Elle a instauré des seigneurs/saigneurs qui sont les plus grands assassins de l’autonomie qui aient jamais existé.

Ces lobbyings de la chimie, et notamment de la pharmaceutique et de l’agroalimentaire, nous maintiennent dans la peur et dans la dépendance, pour servir leurs intérêts privés et maintenir leur pouvoir absolu. Afin de faire perdurer le système en place, ils ont établi une véritable idéologie, avec ses préceptes, ses dogmes, ses credo, comme une religion. Toute personne qui n’obéit pas doit être sanctionnée, et on se retrouve face à des aberrations : un médecin homéopathe rayé de la profession, un viticulteur refusant de traiter ses vignes poursuivi en justice ou une famille tentant de répondre par elle-même à ses besoins vitaux expulsée de son propre terrain ! Les médias servent l’idéologie et participent à transformer l’erreur en vérité. De ce fait, l’être humain est manipulé et n’a plus les repères pour comprendre.

Peut-on reconstruire une autonomie affranchie de la nature ? Non. Est-ce que l’être humain a besoin de la nature ? Oui. Est-ce que la nature a besoin de l’être humain ? Non. Elle a préexisté à nous. Il y a eu une multitude d’extinctions d’espèces, et nous pourrions aussi disparaître à cause de nos propres transgressions, du dérèglement de l’ordre de la vie.

Plus que jamais, la claire vision de l’intelligence doit advenir. Nous avons trop longtemps confondu nos aptitudes, capables de prouesses extraordinaires, et la véritable intelligence, seule à même de créer un ensemble cohérent et durable.

En voulant nous affranchir de la nature, nous avons oublié que nous lui devons la vie. Cette dissociation entre l’humain et la nature a été une erreur énorme, véhiculée notamment par la Bible, qui nous place au sommet de la création, pouvant en disposer à notre gré sans nous soucier de l’équilibre. Or, nous sommes la nature, nous sommes des mammifères avec la particularité de la pensée qui devrait nous permettre de bâtir un monde intelligent, en respectant la magnificence et la beauté de la vie.

Alors, comment nous y prendre ? Par quoi commencer ? Nous devrions tout d’abord refaire l’inventaire de nos ressources locales, qui sont les premières bases de notre autonomie. Et tout mettre en œuvre pour pouvoir répondre par nous-mêmes, à l’échelle d’une famille ou d’un territoire, à nos besoins fondamentaux, dont le premier est celui de se nourrir. Si les transports cessaient, rien qu’une semaine, les villes seraient aussitôt en pénurie et nous prendrions conscience de l’ampleur de notre dépendance et de la fragilité de la mondialisation. C’est pour cela que j’ai toujours dit que jardiner est un acte politique.

L’autonomie consiste donc à mettre en valeur nos ressources, pour répondre à nos nécessités, et à échanger ensuite la rareté. Car chaque endroit, chaque territoire dispose de richesses propres que d’autres n’ont pas. En échangeant ces raretés, on crée des passerelles qui relient les différentes autonomies et participent à convivialiser l’ensemble. L’autonomie ne doit donc pas être confondue avec l’autarcie. Il ne s’agit pas de se replier sur soi et de créer des cellules étanches où l’on n’a plus besoin du reste du monde. Vouloir s’isoler dans des espaces clos au sein d’une réalité par nature interconnectée serait une prétention vaniteuse et irréaliste.

Avancer vers l’autonomie nécessitera de revisiter nos besoins. La nature nous offre l’abondance pour tous, à condition de ne pas l’épuiser au nom du superflu et du « toujours plus ». En appelant à la sobriété heureuse, je ne parle pas de privation ni de renoncement, mais d’un mode de vie enchanteur et réjouissant. Elle permet d’assouvir l’espace de la survie biologique, tout en libérant l’esprit de la pesanteur de la matière et de la frénésie.

Chacun de nous est appelé à se responsabiliser en se demandant : « Dans quoi est-ce que je mets mon temps, mon énergie, mes compétences ? Est-ce que je contribue à maintenir l’équilibre, à embellir le monde, à construire un avenir beau et durable pour les générations à venir ? » Nous avons chacun le devoir de faire ce que nous pouvons pour cela. Comme Krishnamurti le disait, il ne s’agit pas de croire que quelqu’un détient la vérité et va nous la déverser, mais d’expérimenter et de trouver par nous-mêmes nos propres solutions, notre propre cohérence. « Nous libérer du connu », car nous sommes prisonniers de nos schémas de pensée, de notre histoire, de nos conditionnements. Cela aussi, c’est une autonomie à reconquérir ! Une autonomie intérieure !

Le destin de l’humanité est de comprendre que nous avons à construire l’unité en coopération avec les lois de la nature, de la vie. Aucune autonomie réelle ne peut se faire sans une réconciliation avec les règles fondamentales de la vie, dont nous ne sommes qu’une manifestation parmi d’autres. On parle de l’écologie comme d’un condiment dans le système global de la société, alors que c’est l’élément premier et universel, qui devrait être reconnu par l’ensemble du genre humain. « Terre mère, terre nourricière » n’est pas une métaphore poétique, c’est une réalité absolue !

*L’autonomie, une réconciliation avec les lois de la vie
Par Pierre Rabhi, paysan philosophe

D’après une interview réalisée et retranscrite par Claire Eggermont

Extrait de Comment devenir autonome, 3ème Hors-série de Kaizen.