DreamKeeper

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 » Old pete Chasing Horse est le « conteur » de la réserve Sioux de Pine Ridge. Il a presque 100 ans et c’est son devoir de transmettre les légendes de son peuple pour que celles-ci perdurent. Shane, son petit-fils de 17 ans, part avec lui pour le Pow Wow au nouveau Mexique, espérant ainsi échapper à un gang à qui il doit de l’argent. Au fil du chemin, il va profiter de la sagesse des histoires de son grand-père…  »
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Terres Indiennes

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 » Pour certains d’entre nous, l’histoire des Indiens d’Amérique du Nord se résume encore aux westerns de notre enfance, où de féroces guerriers sans merci s’en prenaient aux gentils colons européens venus s’installer paisiblement dans ce territoire « presque vierge ».

La série documentaire en cinq épisodes Terres Indiennes, proposée par Arte, est justement l’occasion de revenir à l’origine de la rencontre puis de la confrontation entre les tribus indiennes et les colons anglais, à leur arrivée sur le Mayflower. Une vision bouleversante et nouvelle, produite et diffusée outre-Atlantique, qui s’étend du XVIIe siècle aux années 1970, et retrace les combats et le long calvaire des Natives Americans tout au long de la colonisation de leur terre par des étrangers souvent brutaux et sans scrupules. Quelques rares reconstitutions, beaucoup de paysages magnifiques avec un commentaire intéressant et mesuré accompagnent ainsi les cinq épisodes de la série, avec la volonté de ne pas tomber dans le piège du réalisme, préférant laisser l’imagination du spectateur revivre des scènes présentées comme des esquisses, en contrepoint de nombreux entretiens avec des historiens blancs et indiens.

Des histoires poignantes, portées par des individus remarquables, qui font prendre conscience que les États-Unis d’aujourd’hui ont aussi été façonnés dans la négation de leurs premiers occupants, détruisant au passage une civilisation remarquable, en symbiose avec son environnement. Si la mort d’un sage est une bibliothèque qui brûle, alors les colons ont embrasé l’une des rares encyclopédies naturelles de notre temps. Triste constat, au moment où nous nous interrogeons sur l’avenir de notre relation avec notre planète. « 

Épisode 1 : « Au temps du Mayflower »

 » De l’arrivée des premiers colons anglais, qui seraient sans doute morts sans l’aide du grand sachem Massasoit, jusqu’à la mort de son fils Philippe, vaincu par les Blancs après avoir unifié les tribus voisines pour s’opposer à l’annexion de leur terre par les colons. « 
 

Épisode 2 : « La vision de Tecumseh »

 » Au printemps de 1805, Tenskawata, un jeune Indien de la tribu de Shawnees, a une vision : le Maître de la vie lui révèle que les Indiens se sont fourvoyés en adoptant la culture des Blancs. Porté par la ferveur de son peuple, son frère Tecumseh s’efforce, de son côté, de créer une fédération militaire et politique des tribus indiennes (souvent ennemies à l’origine), de façon à endiguer l’expansion des colons vers l’Ouest. La guerre est inévitable… « 

Épisode 3 : « La piste des larmes »

 » Le réalisateur, Mark Zwonitzer, s’est attaché à décrire l’acharnement et la résistance de la nation Cherokee dans la première moitié du XIXe siècle. Cette tribu s’est opposée par tous les moyens à l’expulsion de leurs terres du Sud-Ouest, y compris en défendant leur cause devant la Cour suprême des États-Unis. « 

Épisode 4 : « Geronimo »

 » Né en 1829, guerrier et chamane, Geronimo appartenait à la tribu des Chiricahuas, régulièrement déplacée pour laisser sa place au Blanc. Maintes fois capturé puis évadé, Geronimo a mené une vie de combat incessant contre l’envahisseur, parfois contre l’avis du peuple apache qui préférait pactiser avec les Blancs. Geronimo finira par se rendre avec une poignée de fidèles en 1886. Il aura été le dernier grand guerrier indien à s’opposer par les armes au gouvernement des États-Unis. « 

 

Episode 5 : « Wounded Knee »

 » Ce dernier épisode déroule les événements de la prise d’otages et du siège de Wounded Knee en 1973. Des dizaines de Lakota, de la réserve de Pine Ridge, rejoints par les militants de l’AIM (Américan Indian Movement) et par des Indiens de diverses tribus venus d’autres États, occupent la bourgade – site symbolique du dernier massacre d’Indiens par les troupes américaines à peine un siècle plus tôt – dans le but de lutter conte la misère économique, le racisme et la gestion désastreuse de la réserve par Dik Wilson, chef du gouvernement tribal. Un siège de soixante et onze jours, suivi par les médias, malheureusement un peu éclipsé par le scandale du Watergate, qui permettra pourtant aux Indiens de rentrer, enfin, dans la vie politique du pays et une revitalisation de leur culture. « 

Source : http://www.evmag.fr/site.php?page=voir55

Tout est vivant

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UNE VISION ANIMISTE DE L’UNIVERS
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L’animisme (du latin animus, originairement esprit, puis âme) est la croyance en une âme, une force vitale, qui anime les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent.
L’homme est originellement animiste comme en témoignent les traditions et cultures des peuples premiers ou plus près de nous : les enfants. La plupart des enfants sont naturellement animistes. Ils dialoguent spontanément avec l’arbre, la fleur, la coccinelle… qu’ils rencontrent.
Le mot « dialoguent » est parfaitement adapté à ce qu’ils vivent car en général, un enfant obtient de réelles réponses de l’être avec qui il communique – qu’il s’agisse d’un rocher, d’un oiseau ou d’un chien. Il peut même être réconforté, amusé, enseigné. Souvenez-vous de votre enfance !
« Laissez venir à moi les petits enfants et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent ». – (Luc 18:15-17) –
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UNE INVITATION AU RESPECT ET AU PRENDRE SOIN DE LA NATURE

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Pour les esséniens, en accord avec les peuples premiers et tous les courants spirituels reliés à la Tradition Primordiale, tout est vivant. Chaque être, chaque objet est une forme dotée d’une âme, d’une sagesse, reliée à la grande sagesse de la nature et de la vie. Cette vision, cette prise de conscience qui paraît anodine est pourtant d’une portée fondamentale pour celui qui l’adopte, qui est prêt à la cultiver et à cheminer avec elle. Elle transforme radicalement l’approche que l’on peut avoir de la vie et des êtres qui nous entourent.
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Si l’arbre est vivant, si la plante est vivante, si l’animal est vivant, si la pierre est vivante, c’est qu’ils sont animés et dotés d’une âme. Par conséquent, ils ont droit au respect et à la dignité comme tout être vivant. Quiconque prend conscience que la Terre qui le porte est vivante et a une âme, quiconque parvient à entrer en résonance avec son amour, ne marchera plus jamais sur elle de la même manière et sera enclin à la protéger. Alors il sera lui-même soutenu et protégé par la nature.
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UN CHEMIN D’HUMILITÉ ET DE RESPONSABILITÉ

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Si la terre tout entière est ainsi regardée comme un être vivant, avec sa vie propre, alors il apparaît que tous les êtres qui la peuplent font partie de ce grand tout comme des milliards de cellules qui la composent. La terre forme alors un seul corps, un grand organisme aux multiples organes, à l’image du corps humain. Dans cet organisme, aucun organe n’est supérieur à l’autre. Le foie n’est pas supérieur à l’œil ni le cœur à la jambe : chacun de ces organes a sa fonction propre et dépend des autres pour maintenir l’organisme dans l’harmonie.
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L’être humain, à l’image des pierres, des arbres ou des animaux, ne représente alors qu’une cellule, qu’un organe de ce grand organisme. Il n’est pas isolé des autres êtres, ni supérieur à eux, mais il vit en harmonie avec eux pour le bon fonctionnement et la santé de ce grand organisme qu’est la terre. En effet, cette vision implique que si l’on blesse l’un ou l’autre des organes de la terre, on se blesse soi-même, on nuit à son intégrité, comme si le cerveau décidait de détruire volontairement les poumons ou les reins. C’est ce que l’on appelle une maladie, un désordre, un dysfonctionnement.
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Si l’on blesse la Terre, la nature, les arbres, les animaux, on se conduit soi-même vers la souffrance et l’on devient son propre bourreau. L’homme n’est pas simplement un corps en mouvement animé par des flux chimiques, mais il est également une âme en chemin, qui a pris un corps sur la Terre pour remplir une fonction bien précise et retrouver son origine divine. Par ses dons et capacités, l’homme porte une grande responsabilité : celle de prendre soin de tous ses petits frères et sœurs les pierres, les arbres, les animaux et de vivre en harmonie avec eux. En tant qu’organe d’un corps immense, en tant qu’instrument d’un orchestre grandiose, il peut progressivement s’éveiller pour apprendre à faire de sa vie une musique en hommage à Dieu, au service du Grand Tout.
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VERS UNE VISION SUBTILE ET MAGIQUE DE LA VIE

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Si l’on perçoit que l’air que l’on respire, le feu qui nous éclaire et nous réchauffe, l’eau qui nous désaltère et nous nettoie… sont vivants et dotés d’une âme, d’une conscience, alors on comprend que la vie entière est magique et que les anciens peuples : les Celtes, les Amérindiens, les Cathares, les peuples premiers avaient raison lorsqu’ils dialoguaient avec les esprits de la nature, avec les sources et les montagnes. La bienveillance qu’ils offraient à la Terre-Mère et à toutes les créatures du monde, faisaient naître de belles relations entre eux et tous les règnes et leur apportaient le bonheur et la vie belle.
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Si l’on va plus loin dans cette prise de conscience que tout est vivant, on se rend compte que les pensées, les sentiments, les états d’âme, les désirs, sont également vivants dans une dimension plus subtile de la vie. Une parole a le pouvoir de guérir comme de tuer, de libérer comme d’asservir. Il en est de même de nos pensées qui, selon leur couleur et leur saveur, peuvent faire de notre vie un paradis ou un enfer. Nous voyons bien que nos pensées et nos paroles agissent parfois contre notre gré. Elles ont leur existence propre et nous avons le pouvoir, par notre conscience et notre volonté éveillées de les maîtriser et de les conduire vers la lumière ou vers les ténèbres.
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En allant encore un peu plus loin, et si tous nos sentiments, qualités ou défauts étaient eux aussi vivants ? Et s’ils étaient des êtres qui ont leur vie propre, indépendante de notre vie individuelle ? Alors ces êtres eux aussi cherchent à exister, à vivre, voire à survivre. Comme des semences ou des feux, ils ont eux aussi besoin d’être nourris, entretenus, considérés. Ne dit-on pas nourrir du ressentiment ou nourrir de l’espoir, alimenter un mensonge ou cultiver le bonheur, semer le doute et entretenir la paix ?
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Telle est la conviction profonde et l’engagement des esséniens. Les vertus telles que l’amour, la sagesse, l’harmonie, le courage sont des êtres vivants, des âmes pures, des semences divines, des anges que nous pouvons entretenir ou délaisser dans nos vies. Certaines vertus, telles que la noblesse, l’honneur, la loyauté, paraissent même quitter peu à peu notre terre, comme des espèces en voie de disparition. C’est pourquoi tous les esséniens s’engagent aujourd’hui à porter une vertu, un ange et le renforcer dans sa vie pour le bien de tous les êtres.
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Un autre monde est possible: il a déjà existé !

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Dans le but d’enrichir ma réflexion et de diffuser un discours politique divergent du discours dominant aseptisé et allergique aux remises en question structurelles, je vous propose dans ce billet la première partie d’une entrevue relative aux recherches de Marc-André Cyr, chargé de cours à l’UQAM en science politique, chercheur aux études doctorales et chroniqueur sur le site Ricochet. Marc-André s’intéresse aux sociétés autochtones, à l’anarchisme et aux concepts de liberté et d’État.

1- Pourquoi une société sans État peut être considérée comme une société contre l’État ?

À première vue, on dirait qu’il ne s’agit que d’une question de nuances sémantiques, mais c’est une nuance fondamentale lorsqu’il s’agit d’analyser les sociétés traditionnelles autochtones. Dire qu’une société est «sans» État revient à affirmer qu’il manquait quelque chose à ces peuples, et nier par le fait même que l’État est une construction historiquement située. Si l’on refuse de centrer notre analyse à partir d’un point de vue téléologique, il devient un peu absurde d’affirmer qu’il «manque» quelque chose à une société simplement parce qu’elle fonctionne autrement que la nôtre.

L’expression «société contre l’État», au contraire, souligne que nombre des sociétés autochtones ― pas toutes, car il faut prendre garde de ne pas les réifier : certaines d’entre elles étaient des sociétés à l’État, voire des empires ― certaines de ces sociétés, donc, avaient mis en place des mécanismes concrets afin de contrer la hiérarchie, l’inégalité et la séparation entre les gouvernants et les gouvernés. Elles connaissaient, comme toute société, le pouvoir, seulement elles ont fait le choix de le rendre impuissant, ou à tout le moins diffus. Elles contraient l’État par différents mécanismes ingénieux. Les conseils de femmes, les conseils d’anciens, le shaman, les assemblées ; mais également la culture, les mythes, la conception du cosmos : tout contribuait à rendre l’apparition de l’État impossible.

L’institution de la chefferie reste sans doute l’exemple le plus probant. Le «chef» ― un mot bien mal choisi ― autochtone n’a pas de pouvoir sur les autres. Au contraire : ce sont les autres qui ont du pouvoir sur lui. Il doit être généreux, altruiste, à l’écoute des désirs, au service des malades, etc. Il ne peut pas commander.

Les Autochtones des sociétés contre l’État prennent les commandements pour des insultes. Ils apprennent cela dès les premières années de leur vie. Seule la parole ― et encore plus les cadeaux ― peut les convaincre d’agir. Si nous n’avions crainte de tomber dans l’anachronisme, on pourrait dire que leurs sociétés étaient des sociétés anarchistes. Avec plus de précision, disons simplement qu’elles pourraient inspirer la pensée anarchiste. Car il ne faut pas oublier que ces sociétés, différentes entre elles, sont tout de même assez éloignées des nôtres, surtout en ce qui a trait au rapport à la spiritualité.

2- Qu’est-ce que l’étude des sociétés autochtones nous apprend sur la conception d’«État» des sociétés occidentales ?

Elles nous apprennent que l’État n’est pas une institution indépassable et transhistorique. Elles nous apprennent, quoique non sans nuances, qu’il est possible de faire une société sans hiérarchie, en toute égalité, et que l’État n’est pas la seule forme d’autorité possible.

Elles nous apprennent également que la conception de l’individu que nous avons adoptée en est une essentiellement bourgeoise, qui ne colle pas du tout à l’histoire longue de l’humanité. En ce sens, l’étude des sociétés autochtones vient confirmer ― du moins en partie ― les thèses politiques anarchistes et communistes. Certains des mécanismes visant à préserver les rapports égalitaires dans les mouvements de gauche ressemblent d’ailleurs à ceux qu’avaient adoptés les Autochtones. Ce n’est donc pas pour rien que nombre de penseurs révolutionnaires ― Kropotkine, Reclus, Benjamin, Landauer ― se sont intéressés à ces sociétés.

Toute communauté a besoin de règles et de lois. Elle a besoin d’autorité, mais il est loin d’être certain que toute société ait besoin de l’État. Les Autochtones, pendant des millénaires, ont en quelque sorte retourné l’autorité contre le pouvoir. La culture, les «esprits», les Anciens, les mythes : tous disent aux Autochtones «Soyez libres». Cette autorité interdit le commandement, l’inégalité et la domination.

Et il ne faut pas croire qu’elles n’étaient que de petites communautés autarciques : c’est là encore un préjugé. La Ligue iroquoise, par exemple, rassemblait quelque 30 000 individus de différents clans et peuples… C’est près de 50 000 personnes en ce qui concerne les Wendats (Hurons) ; ce qui, dans le contexte historique, est immense. Sans oublier les autres confédérations moins connues. Et sans oublier que rien n’indique que ces coalitions, avec leur fonctionnement horizontal, n’auraient pas pu prendre encore plus d’ampleur.

Bref… Mon directeur de thèse, Francis Dupuis-Déri, a écrit un très bon texte se nommant « Un autre monde est possible ». Il existe déjà !1, où il explore les différentes formes de communisme et d’anarchisme qui existent dans le monde contemporain. Mon travail, pour sa part, devrait s’intituler « Un autre monde est possible : il a déjà existé ! », car j’y explore tout un monde d’idées et de formes perdues anéanties par le colonialisme.

Mais ce n’est pas exactement «ma» contribution. C’est plutôt celle des Agniers, des Wendats, des Mi’kmaqs, des Siksikas, des Ojibwés… et de nombre d’autres peuples malmenés par les développements des États et du marché.

3- Vous affirmez, comme le philosophe Maurice Merleau-Ponty, qu’un dialogue est possible avec les sociétés autochtones ? Comment est-ce possible et pourquoi est-ce souhaitable ?

Oui, tout à fait. Merleau-Ponty développe cet argument dans un chapitre hommage à Claude Lévi-Strauss et à Marcel Mauss. En ce sens, je m’éloigne de certains de mes camarades de gauche, principalement d’une certaine frange des études postcoloniales (dont certains penseurs sont paradoxalement une source d’inspiration pour moi), qui refusent que toute forme d’universel soit souhaitable, voire possible, car il serait pratiquement par nature lié à l’impérialisme. Certaines cultures seraient ainsi en quelque sorte hermétiques aux autres, incommensurables. Il n’en est pourtant rien, et le refus de considérer que l’humanité partage une expérience commune me semble fort dangereux.

Cette posture, partagée par la gauche et la droite, bloque tout dialogue possible entre les peuples. Pour ma part, je crois qu’il est possible, comme Merleau-Ponty, de parler d’un «universel latéral», soit d’un dialogue, d’un voyage sans cesse à renouveler entre les différentes visions du monde. Le «pouvoir», la «liberté», la «souffrance», la «domination», la «hiérarchie» ne sont pas des concepts exclusifs à certains peuples ou à certaines époques historiques. Il faut bien entendu mettre toutes ces choses en contexte et il est évidemment possible d’en donner des définitions différenciées. C’est précisément ce dialogue et ce débat à propos de la portée de ces mots et de ces concepts qui constitue l’universel. Autrement dit, l’universel n’est pas une somme de réponses figées à des questions, mais plus humblement un cadre de référence général qui nous permet de nous les poser.

Fin de la première partie. À suivre…

Marc-André Cyr

Source de l’article : http://quebec.huffingtonpost.ca/jean-christophe-page/science-politique-societe-autochtone-autorite-liberte_b_9178144.html

Pieds nus sur la terre sacrée

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 » Pieds nus sur la terre sacrée rassemble des textes appartenant au patrimoine oral ou écrit des Indiens d’Amérique du Nord. Cette sélection se propose d’apporter des éclaircissements sur l’histoire des Indiens et de montrer la pérennité de leur civilisation. Le ton de ces écrits, classés par ordre chronologique, est tour à tour celui de la sagesse, du lyrisme, de l’éloquence ou de l’émotion profonde. Portrait de la nature et de la destinée indiennes, ils sont avant tout la preuve de la renaissance d’une civilisation authentiquement indienne. Cette anthologie tend à mettre en relief des traits caractéristiques de celte civilisation où les considérations politiques et historiques s’estompent au profit d’une harmonie de l’homme et de la nature, dans laquelle la terre devient une création sacrée. Voilà un domaine de l’expérience indienne qui peut entrer dans notre héritage commun.

Le destin des Indiens Amérique annonçait celui de l’ensemble des habitants de la planète qui assistent impuissants à la destruction de leur environnement, après la confiscation de leur espace et de leurs ressources.

Le message des Indiens est aussi une source de sagesse, fondée sur le respect de la nature et la compréhension de « l’Esprit qui est en toute chose »… « 

Black Hawk, chef indien
« Nous aimons la tranquillité; nous laissons la souris jouer en paix; quand les bois frémissent sous le vent, nous n’avons pas peur. »

Chef indien au gouverneur de Pennsylvanie en 1796
« Nous le savons: la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. Nous le savons: toutes choses sont liées. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. L’homme n’a pas tissé la toile de la vie, il n’est qu’un fil de tissu. Tout ce qu’il fait à la toile, il le fait à lui-même. »

Seattle, chef indien Suquamish
« Le Lakota était empli de compassion et d’amour pour la nature, et son attachement grandissait avec l’âge. (…) C’est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de vie. S’asseoir ou s’allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement. Ils contemplaient alors avec une plus grande clarté les mystères de la vie et se sentaient plus proches de toutes les forces vivantes qui les entouraient.

Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le coeur de l’homme éloigné de la nature devient dur. Il savait que l’oubli du respect dû à tout ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l’homme. Aussi maintenait-il les jeunes sous la douce influence de la nature. »

Standing Bear, chef Lakota (Sioux)
« Nous voyons la main du Grand Esprit dans presque tout: le soleil, la lune, les arbres, le vent et les montagnes; parfois nous l’approchons par leur intermédiaire. (…) Nous croyons en l’Etre Suprême, d’une foi bien plus forte que celle de bien des Blancs qui nous ont traité de païens… Les Indiens vivant près de la nature et du Maître de la nature ne vivent pas d’ans l’obscurité.

Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous écoutez. L’ennui avec les Blancs, c’est qu’ils n’écoutent pas ! Ils n’ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu’ils n’écouteront pas non plus les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m’ont beaucoup appris: tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit. »

Pour lire plus cliquez sur ce lien : http://patrickgermano.com/tag/oglala/

Le peuple Anishinabé met l’humanité en garde

Peuple Anishinabé : il met en garde l’humanité …

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AU COMMENCEMENT DES TEMPS

Au commencement des temps, toute l’humanité était reliée au Créateur par l’esprit et par le cœur. Un jour, le Mauvais Esprit, le frère du Créateur, voulut davantage de pouvoir que lui et conquérir la Terre. Mais le Créateur ne laissa pas son frère, le Mauvais Esprit, devenir plus puissant que lui. Il le jeta dans un puits de feu profond.

Du feu, le Mauvais Esprit dit: «Je vais posséder la moitié des humains», et il œuvra à travers nos esprits, exactement comme le Créateur l’avait fait. Alors les êtres humains perdirent leur lien pur et direct avec le Créateur, et en même temps, leur propre pouvoir.

Les humains commencèrent à se régenter eux-mêmes en faisant leurs propres lois. Le Mauvais Esprit agit si bien, qu’il possède aujourd’hui beaucoup plus que la moitié des âmes humaines; et la Terre, qui est détruite et mourante, est presque toute sous son contrôle. Les leaders humains continuent encore à faire des lois mais ils ne savent pas où ils conduisent leur peuple.

Le Créateur, qui voulait aider les gens, décida de les avertir en leur donnant différents messages, visions et prophéties. Par la compréhension de nos visions et des symboles, nous voyons où l’on mène notre peuple. Nos ancêtres nous guident pour nous aider à bien faire les choses. Il est de notre responsabilité d’agir de cette façon, individuellement et collectivement.

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LA PROCLAMATION ROYALE

Par le biais de la Proclamation royale de 1763, le roi George III d’Angleterre promit aux Indiens qu’ils seraient protégés des «grandes fraudes et des abus» commis par l’intrusion des Blancs sur leurs terres. Depuis cette époque-là, des dirigeants corrompus ont édicté des lois sur la manière d’administrer les terres de la Couronne, tout en ignorant les Indiens et leurs droits.

LA CONSTITUTION

En juin 1944, de nombreux chefs indiens, à travers l’Amérique du Nord, se réunirent pour partager leurs expériences. Ils en conclurent que la promesse britannique avait été rompue partout et qu’ils devaient s’unir pour se protéger eux-mêmes.

C’est pourquoi, les 18, 19 et 20 juin 1945, lors d’une convention des Indiens qui se tint à Ottawa, les chefs approuvèrent et signèrent l’Acte de Constitution des Indiens d’Amérique du Nord. Résultat: les Indiens se virent remettre des cartes d’identité faisant état de leurs droits autochtones.

Le département des Affaires indiennes (DAI), qui était principalement contrôlé par d’anciens prêtres (des Oblats), ne reconnut jamais cette Constitution. Il tenta d’abolir les cartes d’identité en offrant 100$ à chaque Indien, en échange d’un autre type de carte sur laquelle n’apparaissait aucun droit.

La Constitution de 1982 est le dernier Acte que l’Angleterre promulgua concernant les Indiens. Il déclare, à la section 35, que «les droits aborigènes existant et issus des traités sont reconnus et affirmés».

Il nous reste encore là à protéger les richesses naturelles que le Créateur nous a prodiguées: c’est pourquoi les Indiens de cette partie du monde entrent en contact avec vous pour partager cette prophétie. Il nous fait plaisir de prévenir les gens que ce jour va arriver très bientôt et que nous devons agir en conséquence.

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UN DOCUMENT DE RECHERCHE ET D’HISTOIRE DE 41 PAGES

En 1989, Peter Degangi transmit aux habitants du Lac Rapide un document de recherches de 41 pages. Ce dernier relate le traitement que subirent les Algonquins du Lac Barrière (Mitchikanibikok Inik), qui est situé au Lac Rapide, dans le Parc La-Vérendrye, au Québec.

L’histoire qu’il raconte commence en 1919, lorsque David Machahoose, le chef indien du Lac Barrière, et ses deux conseillers, Thuskie Ratt et Philip Nottaway, déclarèrent au DAI qu’ils avaient le droit de pêcher et de résider sur la rive du Lac Barrière.

Dans les années 1920, une famine survint, liée à l’empoisonnement des animaux et à la chasse sans permis auxquels se livraient des Blancs sur le territoire. Suivit, en 1928, l’inondation d’environ 20 foyers, due à l’édification d’un barrage par la Gatineau Power Compagny et la Quebec Stream Commission.

Dans les années 1930, c’est une autoroute qui fut construite: comme elle traversait le territoire en ligne droite, du nord au sud, en formant à l’intérieur un couloir de 20 miles (321,80 km) où la chasse et la pêche étaient interdites, elle favorisa l’exploitation de la forêt et la chasse illégales sur le reste de cette étendue.

Tout le territoire qu’à l’origine, en 1939, on avait dénommé «Préservation du Castor» pour les Anishinabés, devint en 1950 un parc où la chasse et la pêche furent interdites à tout le monde, sauf aux Indiens. En 1979, sous la direction du gouvernement du Québec, le nom du parc changea pour celui de «Réserve faunique», où la forêt elle-même ne fut plus officiellement protégée. Beaucoup de Blancs y vinrent chasser et pêcher, leur nombre croissant au fil des années, et les entreprises de bois de débit commencèrent leurs opérations d’abattage d’arbres sur tout le territoire. Ce qui, au départ, avait été interdit dans ce lieu protégé pour les Anishinabés, devint officiellement permis par le gouvernement.

Face à de telles dégradations de l’environnement, comme l’inondation de leurs terres, les Anishinabés furent forcés de partir. En 1945, la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) et l’Église établirent une nouvelle colonie au Lac Rapide. En 1964, le DAI inscrivit le Lac Rapide comme «colonie» dans le Registre topographique du Canada. La vie y était paisible et les gens travaillaient encore ensemble, et se parlaient.

Tout cela changea en 1980, lorsque Jean-Maurice Matchewan s’autoproclama illégalement chef, une nuit, pendant que les aînés dormaient. Le lendemain, il rédigea une pétition que 46 membres de la bande signèrent. Parmi eux, certains aînés ne lisaient pas l’anglais et c’est donc là qu’on leur mentit sur le contenu réel de la pétition. Le DAI reconnut immédiatement ce chef et les conseillers qu’il avait élus comme étant ses interlocuteurs.

La coupe forestière s’industrialisa plus que jamais et Domtar (devenue Resolute Forest Company) en prit la tête en obtenant du gouvernement des concessions pour abattre des arbres sur le territoire, avec la coopération du conseil de bande.

La corruption et les activités frauduleuses se poursuivirent dans la communauté. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les Anishinabés traditionnels multiplièrent les pétitions, les manifestations et les blocages de routes contre les membres vénaux du conseil de bande, les gouvernements provincial et fédéral, et les entreprises de bois de débit. Beaucoup d’efforts furent investis dans ces différentes actions: elles réussirent quelque peu à atteindre l’opinion publique par le biais des médias, mais une fois de plus, aucune justice sociale ou environnementale ne fut rendue aux Anishinabés, et les leaders malhonnêtes continuèrent à sévir.

Le 22 août 1991, Matchewan signa l’Entente trilatérale avec des représentants des gouvernements québécois et canadien, dont Clifford Lincoln à titre de représentant spécial. Matchewan trompa les membres de la bande du Lac Rapide en leur faisant croire que cet accord était la section 35, afin de soutirer leur confiance et leur consentement.
L’Entente trilatérale lança une étude de 3 à 5 ans qui devait déboucher sur un plan «de développement durable et d’harmonisation des travaux forestiers avec les activités traditionnelles des Algonquins». Cela faisait beau sur le papier et entraîna la cessation des manifestations qui se déroulaient contre la coupe et l’utilisation du territoire; mais en réalité, cet accord permit à l’exploitation abusive des terres de s’accroître.

En avril 1993, afin de résister à la malfaisance de la bande, les aînés de la communauté nommèrent un gouvernement provisoire, que le DAI ne reconnut pas. En décembre 1994, ce dernier refusa également de reconnaître le nouveau chef et les quatre conseillers que les anciens avaient choisis. Tous ceux qui cherchaient à changer les choses furent estampillés «dissidents» par les chefs dénaturés. Ils ne reçurent plus de services et la bande du Lac Rapide les releva presque tous de leurs fonctions.

En novembre 1995, l’on présenta une nouvelle requête et le DAI reconnut le conseil par intérim du Lac Barrière. La même demande fut soumise à la Cour fédérale. Le DAI fut obligé de l’avaliser au mois de janvier 1996. Au mois de février suivant, le conseil de bande par intérim exigea alors l’ouverture d’une enquête judiciaire. Mais le directeur général associé du DAI pour la région du Québec, André Côté, en tut les résultats, en dépit des réclamations qui lui furent faites pour qu’il les communique.

En juin 1996, un nouveau chef et un nouveau conseil furent approuvés par la communauté, mais pas par le bureau régional du gouvernement québécois, sous prétexte qu’une «procédure de médiation» – qui avait été imposée par le DAI – était en cours.

Le «processus de facilitation dans le choix de la direction» devint la préoccupation majeure de Matchewan et de son avocat, David Newagabow, qui était à ses côtés depuis 1986. Même chose pour Russel Diabo, son conseiller depuis 1985. En mars 1997, Matchewan entama ce processus, ainsi qu’une codification des coutumes de la communauté. André Maltais et Michel Gratton furent nommés facilitateurs pour ce travail, et acceptés par le DAI.

Le 31 mai 1997, le processus aboutit au «Rapport final des facilitateurs dans le choix de la direction». Il n’apparut rien de moins qu’un tissu de mensonges. Ainsi : l’approbation d’une liste de membres «éligibles» ou «non éligibles», aptes à participer aux réunions communautaires ; la soi-disant «approbation des aînés» (qui, en fait, proclamaient haut et fort leur opposition) ; et de fausses signatures. Même le problème de la validation du Rapport fut biaisé. Dans ce dernier, la question posée était la suivante: «Qui approuve le code électoral et les traditions?» Traduite en algonquin, elle devenait: «Qui veut être indien?» De la même manière, les paroles de certains aînés, une fois écrites, furent délibérément falsifiées pour en modifier le sens.crBear

Ce fut avec ces mensonges et une totale impunité que la déclaration des Algonquins du Lac Barrière – qui réclamait une codification de leurs coutumes – et l’élection du chef Harry Wawatie et de son conseil de bande, furent validés le 9 avril 1997.

Au même moment, l’on empêcha les gens qui dénonçaient l’indignité de la direction de confronter la communauté du Lac Rapide. Ils furent contraints de partir et coupés de tous services et droits. Ils choisirent alors de retourner de façon permanente sur leurs terrains de chasse traditionnels. Au printemps 1997, les esprits guidèrent les aînés pour trouver un autre lieu d’habitation, un terrain choisi pour l’installation des «êtres vrais», et ainsi établirent-ils la communauté de Maigan Agik.                                                                                                      *

Le 21 juin 2004, les résidents de Maigan Agik ralentirent toute la journée la circulation sur l’autoroute 17 et distribuèrent des informations sur les problèmes qui existaient dans leur communauté, sur la coupe abusive des forêts et sur leurs réclamations de services. La communauté déclara à la Gendarmerie royale du Canada qu’une enquête sur sa direction s’imposait, de même que sur le contrôle qu’exerçait la bande du Lac Rapide sur les finances, les ressources et les services. Cela attira l’attention du DAI qui, quelques jours plus tard, envoya trois officiels pour parlementer. À partir de ce moment-là, la Gendarmerie royale du Canada et le DAI ne firent plus rien pour la communauté et la bande du Lac Rapide lui refusa encore les services de base, tels le logement et les soins de santé.

De nombreux blocages routiers et manifestations ont eu lieu depuis 2004. Le peuple anishinabé continue à être «criminalisé» par le gouvernement canadien parce qu’il essaie de protéger ses droits ancestraux. Et la terre continue d’être dévastée par les actions «écologiquement durables», la coupe industrielle des arbres et la pollution en escalade de ses lacs et de ses rivières, qui sont le fait du DAI, du gouvernement du Québec, d’Hydro-Québec, de l’industrie forestière et du conseil de bande du Lac Rapide.

L’abattage industriel des arbres, qui est effectué par Domtar (maintenant Resolute), cause des dommages à de nombreuses populations animales. L’orignal et le lapin diminuent à une vitesse alarmante. Les poissons, comme le doré jaune et le brochet, ont des taches cancéreuses visibles. De nouvelles menaces approchent, dont l’exploitation minière. Si elle se produit, ce sera désastreux pour tout l’écosystème, cela empoisonnera les eaux, la terre, toute vie et toute chose qui lui sont reliées. L’habitat naturel d’innombrables espèces est ravagé dans tout le Parc La-Vérendrye, et on l’appelle «Réserve faunique»! Comment la vie sauvage peut-elle se développer alors qu’on est en train de détruire son chez-soi?

Le Parc La-Vérendrye est seulement la petite partie d’une terre qui n’a pas été cédée par les Anishinabés. Il peut servir de modèle pour le reste du monde s’il demeure protégé. Respecter les limites, maintenir l’équilibre et la paix, c’est tout ce que nous voulons. Aujourd’hui, même les résidents du Lac Rapide se lèvent pour dire la vérité au sujet de leur conseil de bande véreux. Nous voulons nous unir avec tous les gens qui souhaitent participer au changement, guidés par des enseignements traditionnels qui soient appliqués de la bonne manière, afin de vivre une vie de respect, en harmonie avec la nature!

LA PROPHÉTIE

Dès notre plus jeune âge, nos anciens nous ont annoncé ce qui allait se produire. Ils ont créé des ceintures de wampums pour aider les gens à comprendre ces prophéties. Ils nous ont prévenus que nous verrions beaucoup de changements au cours de notre vie. Ils nous ont raconté, entre autres choses, que l’esprit des tornades agirait plus fréquemment; qu’il y aurait des inondations dans certains endroits et la sécheresse dans d’autres; que la lune se briserait et qu’il y aurait finalement une période de ténèbres. Cela ne signifie pas que la vie s’arrêtera, la vie continuera toujours, mais il se passera quelque chose dont nous n’avons jamais fait l’expérience auparavant.

Les gens se diviseront en deux camps: ceux qui croient et ceux qui ne croient pas. Ils devront choisir clairement entre deux chemins: l’un, qui conduira à la destruction complète, totale; l’autre, à l’illumination spirituelle et à la paix éternelle.

Aujourd’hui, nous avertissons l’humanité de ce vers quoi la corruption nous conduit; et nous exprimons le vœu du Créateur, selon lequel les humains ont besoin de respecter la Terre Mère et de se conseiller les uns les autres, pour avancer ensemble comme un seul être, sur le bon chemin.

153027_norvalQUELQUES PENSÉES EN GUISE DE CONCLUSION

Comme l’aînée Elizabeth Maranda le raconte, être élevée dans le bois signifiait vivre une vie en harmonie avec la nature, au lieu d’être obsédée par la consommation et par l’argent. Ce qu’Elizabeth a vu dans sa jeunesse, c’étaient son père et son grand-père qui fabriquaient des canots, des rames, des haches, et d’autres objets qu’ils taillaient, dont des jouets pour les enfants. Elle se rappelle avoir remonté les rivières à la rame, avoir nommé les lacs et les animaux que vous pouviez y trouver pour la chasse et la trappe. Sa grand-mère faisait du sirop d’érable. La richesse des connaissances était transmise de génération en génération. Comme la compréhension que la Mère Terre vous prodigue tout ce dont vous avez besoin pour vivre…

Le peuple Anishinabé a vécu de cette manière pendant des millénaires, directement jusqu’aux années 1980. Les gens s’entendaient bien, étaient heureux, l’écosystème était encore en bonne santé et nous fournissait en abondance ce dont nous avions besoin pour vivre une bonne vie.

Aujourd’hui, la majorité des adultes ont perdu leur lien avec le mode de vie traditionnel, tout comme leurs enfants sont en train de perdre les enseignements. La langue, les traditions et les connaissances sont en déclin car notre manière de vivre se raréfie: ils pourraient bientôt se désagréger tous ensemble si nous ne nous rassemblons pas pour nous lever.
La prophétie que porte notre aînée et qu’elle veut partager avec nous, c’est que ce document de recherches historiques de 41 pages et l’Acte de la Constitution des Indiens d’Amérique du Nord sont une piste pour dénouer le nœud qui enserre l’histoire de la communauté du Lac Rapide. Ce sont aussi une clé pour dénouer les mêmes nœuds qui existent tout autour du monde, pour comprendre et répondre au problème du leadership.

La communauté éclatée du Lac Rapide, avec sa direction corrompue, est le microcosme d’une plus grande scène, qui se joue partout sur la Terre Mère. Ce qu’il se passe ici affecte le monde entier et vice-versa. Comme l’effet papillon, dont les battements d’ailes provoquent des ondulations à travers toute la planète. Nous, à Maigan Agik, sentons notre cœur battre très fort et nous exhortons les gens à se réveiller, et à se lever, unis, en équilibre avec la Terre Mère.

Pour plus d’informations, veuillez prendre contact avec:
Genevieve (Genigo) Nottaway ou Wally Thomas

http://www.pravaha.be/le-peuple-anishinabe-met-lhumanite-en-garde/

Le processus de domestication des humains

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Le processus de domestication et le rêve de la planète :

Ce que vous voyez et entendez en ce moment précis n’est qu’un rêve. Vous rêvez à l’instant même, le cerveau éveillé.

Rêver est la fonction principale de notre esprit qui fait cela vingt-quatre heures par jour. II rêve lorsque le cerveau est éveillé et également lorsque ce dernier dort. La différence c’est que, durant l’état de veille, le cadre de référence matériel nous fait percevoir les choses de façon linéaire. Lorsque nous nous endormons, nous n’avons plus ce cadre de référence, aussi le rêve a-t-il tendance à changer constamment.

Les humains rêvent en permanence. Avant notre naissance, les humains nous précédant ont crée un grand rêve extérieur que l’on appelle le rêve de la société ou le rêve de la planète. Le rêve de la planète est le rêve collectif résultant des milliards de rêves personnels plus petits qui, ensemble, forment le rêve d’une famille, le rêve d’une communauté, le rêve d’une ville, le rêve d’un pays, et finalement le rêve de toute l’humanité. Le rêve de la planète comprend toutes les règles de la société, ses croyances, ses lois, ses religions, ses différentes cultures et modes de vie, ses gouvernements, ses écoles, ses événements sociaux, et ses jours fériés.

Nous naissons avec la capacité d’apprendre comment rêver, et les humains qui nous précèdent nous apprennent à le faire de la façon dont rêve la société. Le rêve de la planète a tellement de règles que lorsqu’un nouvel être humain naît, on capte son attention et on introduit ces règles dans son esprit. Le rêve de la planète se sert de papa et maman, des écoles et de la religion pour nous enseigner comment rêver.

L’attention est la capacité à être sélectif et à se concentrer exclusivement sur ce que l’on veut percevoir. Nous sommes capables de percevoir des millions de choses simultanément, mais en utilisant notre attention, nous pouvons maintenir ce que nous voulons au premier plan de notre conscience. Les adultes qui nous entouraient, lorsque nous étions enfants, ont donc capté notre attention et introduit des informations dans nos esprits par la répétition. C’est ainsi que nous avons appris tout ce que nous savons.

En nous servant de notre attention, nous avons assimilé toute une réalité, tout un rêve. Nous avons appris comment nous comporter en société : que croire et ne pas croire ; ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas ; ce qui est bon et ce qui est mauvais ; ce qui est beau et ce qui est laid ; ce qui est juste et ce qui est faux. Tout était déjà là : toute cette connaissance, toutes ces règles, tous ces concepts concernant la façon de se comporter dans le monde existaient avant notre naissance.

Lorsque vous alliez à l’école, vous étiez assis sur une petite chaise et votre attention se portait sur ce que le professeur vous enseignait. Lorsque vous alliez à l’église, votre attention se concentrait sur ce que le prêtre ou le pasteur vous disait. La même chose se produisait avec papa et maman, vos frères et vos soeurs. Tous s’efforçaient de capter votre attention.

Nous avons également appris à capter l’attention des autres, et développé un besoin d’attention qui est devenu très compétitif. Les enfants se disputent toujours l’attention de leurs parents, de leurs professeurs, de leurs amis : « Regardez-moi ! Regardez ce que je suis en train de faire ! Hé oh, je suis là !». Le besoin d’attention devient ainsi de plus en plus fort et se perpétue à l’âge adulte.

Le rêve de la planète capte notre attention et nous enseigne ce que l’on doit croire, à commencer par la langue que nous parlons. Le langage est le code de compréhension et de communication entre êtres humains. Chaque lettre, chaque mot de chaque langue représente un point sur lequel on s’est mis d’accord. On dit que ceci est une page dans un livre ; le mot page est un terme sur lequel on s’est mis d’accord. Une fois que l’on comprend le code, l’attention est captée et il y a transfert d’énergie d’une personne à l’autre.

Vous n’avez pas choisi de parler français. Vous n’avez pas choisi votre religion ni vos valeurs morales : elles étaient déjà là avant que vous ne soyez né. Nous n’avons jamais eu l’occasion de choisir ce que nous croyons ou non. Nous n’avons pas choisi la plus infime des choses à laquelle nous avons donné notre accord. Nous n’avons même pas choisi notre nom.

Enfants, nous n’avons pas eu la possibilité de choisir nos croyances, mais nous avons donné notre accord à l’information qui nous était transmise sur le rêve de la planète. La seule façon de conserver de l’information, c’est d’être d’accord avec elle. Le rêve de la planète peut capter notre attention, mais si nous ne sommes pas d’accord, nous ne retenons pas cette information. Du moment que nous sommes d’accord, nous croyons : c’est ce que l’on appelle la foi. Avoir la foi signifie croire sans conditions.

Voilà comment on apprend quand on est enfant. Nous croyons tout ce que les adultes nous disent. Nous sommes d’accord avec eux, et notre foi est si forte que le système de croyances contrôle tout le rêve de notre vie. Nous n’avons pas choisi ces croyances, et nous pouvons même nous rebeller contre elles, mais nous ne sommes pas assez forts pour réussir cette rébellion. Il en résulte une soumission aux croyances, avec notre accord.

J’appelle cela le processus de domestication des humains. Grâce à cette domestication, on apprend comment vivre et comment rêver. Au cours de notre domestication, l’information du rêve de la planète est transmise à notre rêve interne et construit tout notre système de croyances. Enfant, on nous apprend d’abord le nom des choses : maman, papa, lait, bouteille. Jour après jour, à la maison, à l’école, à l’église et par la télévision, on nous dit comment vivre, quels sont les comportements acceptables. Le rêve de la planète nous enseigne comment être des humains. Nous avons un concept de ce qu’est la « femme » et un de ce qu’est « homme ». Et nous apprenons aussi à juger : nous nous jugeons nous-mêmes, nous jugeons les autres, les voisins.

Les enfants sont domestiques comme les chiens, les chats, ou tout autre animal. Pour instruire un chien, on le punit et on le récompense. De manière analogue, nous formons nos enfants, que nous aimons tant, exactement comme on dresserait un animal domestique : par un système de punitions et de récompenses.

Enfant, on nous disait : « Tu es un gentil garçon » ou « Tu es une gentille file » lorsque nous faisions ce que papa et maman voulaient. Lorsque ce n’était pas le cas, on nous qualifiait de « méchant garçon » ou de « méchante file ».

Chaque fois que nous enfreignions les règles, nous étions punis ; lorsque nous les respections, on nous récompensait. On nous punissait plusieurs fois par jour, et nous recevions également plusieurs récompenses quotidiennes. Bientôt nous avons commencé à avoir peur d’être puni ou de ne pas recevoir de récompense, celle-ci consistant à obtenir l’attention de nos parents ou d’autres personnes telles que nos frères et soeurs, professeurs et amis. Nous avons donc eu besoin de capter l’attention des autres pour obtenir cette récompense. Comme elle nous faisait du bien, nous aussi avons continué de faire ce que les autres attendaient de nous pour l’obtenir. Ayant peur d’être puni et peur de ne pas être récompensé, nous nous sommes mis a prétendre entre qui nous n’étions pas, juste pour faire plaisir aux autres, juste pour paraître assez bien a leurs yeux. Nous nous efforcions de faire plaisir à papa et maman, nous voulions plaire aux maîtres d’école, plaire a l’église, alors nous avons commencé à jouer des rôles. Nous prétendions être autres que nous n’étions, par peur d’être rejetés. Cette peur est ensuite devenue celle de ne pas être comme il faut, assez bon. Au bout du compte, nous sommes devenus quelqu’un d’autre que nous-mêmes : des copies des croyances de maman, des croyances de papa, des croyances de la société et de la religion.

Toutes nos tendances naturelles se sont perdues au cours de ce processus de domestication. Et lorsque nous avons été assez âgés pour commencer à comprendre, nous avons appris le mot non. Les adultes disaient : Ne fais pas ceci, ne fais pas cela. Alors nous nous rebellions et disions « non ! » pour défendre notre liberté. Nous voulions être nous-mêmes, mais nous étions trop petits, et les adultes étaient grands et forts. Au bout de quelque temps, nous avons commencé à vivre dans la peur, car nous savions que chaque fois que nous ferions quelque chose de faux, nous serions punis.

La domestication est si forte, qu’arrivés à un certain point de notre vie, nous n’avons plus besoin de personne pour nous domestiquer : ni papa et maman, ni l’école ou l’église. Nous sommes si bien dressés que nous devenons nos propres dresseurs. Nous sommes des animaux autodomestiqués. Nous pouvons désormais nous domestiquer nous-mêmes selon le même système de croyances que l’on nous a inculqué, en utilisant le même processus de punition et de récompense. Nous nous punissons lorsque nous ne respectons pas les règles de notre système de croyances ; nous nous récompensons lorsque nous sommes un « gentil garçon » ou une « gentille fille ».

Ce système de croyances est comme un Livre de la Loi qui dirige notre esprit. Tout ce qui se trouve dans ce Livre de la Loi est notre vérité, sans l’ombre d’un doute. Tous nos jugements se fondent sur lui, même s’ils vont à l’encontre de notre propre nature intérieure. Même des lois morales telles que les Dix Commandements sont inscrites dans notre psychisme au cours du processus de domestication. Un par un, tous les accords que nous concluons s’ajoutent au Livre de la Loi puis dirigent notre vie.

Une part de notre esprit juge toute chose et chacun, y compris le temps, le chien, le chat : tout. Ce Juge intérieur utilise ce qu’il y a dans le Livre de la Loi pour juger tout ce que nous faisons et ne faisons pas, tout ce que nous pensons et ne pensons pas, tout ce que nous ressentons et ne ressentons pas. Tout est soumis à la tyrannie de ce Juge. Chaque fois que nous faisons quelque chose de contraire au Livre de la Loi, le Juge nous déclare coupables, nous devons être punis et avoir honte. Cela se produit plusieurs fois par jour, jour après jour, durant toutes les années de notre vie.

Une autre part de nous-mêmes reçoit ces jugements : on l’appelle la Victime. La Victime subit la réprimande, la culpabilité et la honte. C’est cette partie de nous qui dit : « Pauvre de moi, je ne suis pas assez bon, je ne suis pas assez intelligent, je ne suis pas assez beau, je ne mérite pas d’amour. Pauvre de moi ». Le Juge est d’accord et dit: « Oui, tu n’es pas assez bon ». Et tout cela découle d’un système de croyances auquel nous n’avons jamais choisi de croire. Ces croyances sont d’ailleurs si fortes que même des années plus tard, lorsqu’on découvre de nouveaux concepts et qu’on essaye de prendre ses propres décisions, on réalise qu’elles contrôlent toujours notre vie.

Tout ce qui va à l’encontre du Livre de la Loi vous fait ressentir une drôle de sensation dans le plexus solaire, que l’on appelle la peur. Contrevenir aux règles du Livre de la Loi rouvre vos plaies et votre réaction est de produire du poison émotionnel. Puisque tout ce qu’il y a dans le Livre de la Loi doit être vrai, tout ce qui remet en question vos croyances provoque un sentiment d’insécurité. Même si le Livre de la Loi est faux, il vous donne un sentiment de sécurité.

Voilà pourquoi il faut beaucoup de courage pour remettre en question ses propres croyances. Car même si on ne les a pas choisies, il est néanmoins vrai qu’on leur a donné notre accord.

 » Ce texte est issu du livre Les quatre accords toltèques de Don Miguel Ruiz et ne représente qu’une partie du chapitre intitulé  « Le processus de domestication et le rêve de la Planète » .

Selon les chamans toltèques, il y a deux sortes d’hommes sur terre

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Selon les chamans toltèques, il y a deux sortes d’hommes sur terre : ceux qui prennent le temps de s’interroger sur les gens et sur le sens de l’univers et de se demander qui ils sont et ce qu’ils font là, des hommes que les réponses toutes faites proposées par la société dans laquelle ils vivent ne satisfont pas et qui vont faire de ces deux questions le fondement d’une vie nouvelle, imprégnée d’un irrésistible parfum de liberté. Et puis il a les autres, ceux qui, riches ou pauvres, cultivés ou non se seront très tôt laissés hypnotiser par le brouhaha, les nécessités et les mirages de la vie quotidienne au point de ne jamais trouver le temps de se poser ce genre de questions, les trouvant inutiles ou même absurdes, une attitude et un choix que les chamans appellent « succomber à l’hypnose socialitaire ».

Aventuriers de l’esprit, les premiers, s’ils persévèrent ont une chance de devenir les créateur de leur vie, portés par l’énergie du mystère de l’existence parce qu’ils l’auront regardé en face et accepté. Les seconds vivront le plus souvent dans le conformisme de leur époque, serviteurs du système en place, tournant  le dos à l’inexpliqué et, par là, à eux-mêmes.

Le monde est en effet le miroir que chaque individu perçoit, une projection de soi, un processus circulaire que les chamans appellent « l’anneau de pouvoir ».

Comme le miroir, le monde ne nous renvoie que la représentation qu’en fabriquent nos perceptions personnelles, nos croyances et nos humeurs. Le vrai pouvoir de changer les choses se découvre et s’exerce à l’intérieur de soi, sur l’intérieur de soi.

 

Tous les psychothérapeutes dignes de ce nom et tous les chamans pratiquant la guérison spirituelle depuis de longues années sont amenés un jour ou l’autre à se demander pourquoi il est si difficile pour l’être humain de changer des croyances ou des comportements qui sont pourtant, à l’évidence, la cause de tant de souffrances, de mal-être et même de graves maladies. Mais il leur suffit de se rappeler combien de mémoires ancestrales, prénatales familiales, éducatives et socialitaires ont façonné leur personnalité pour avoir la réponse : l’homme est littéralement et jusqu’au plus profond de ses cellules infiltré de programmations d’ordre karmique, culturel et affectif qui sont autant d’obstacles à tout changement.

Travailler sur soi devient ainsi le seul espoir pour l’homme de se libérer et de devenir celui que, tout au fond de lui, son nagual lui murmure qu’il peut-être. Il est bien placé pour cela puisqu’en lui résident tous les changements et les potentiels créatifs de l’univers !

« L’homme ne naît pas libre mais il est libre de se libérer ».

 

C’est donc pour lui à la fois une chance extraordinaire d’en avoir un jour le désir et sa plus grande responsabilité.

Les sages taoïstes désignent le travail sur soi par l’expression « chevaucher le tigre ». Le tigre représente à leurs yeux cette force irrépressible qui fait mourir et renaître en permanence tous les êtres.

En travaillant sur soi, on ose affronter au lieu de fuir, on bondit sur son dos, on l’enfourche et on se fond dans sa force pour mieux orienter celle-ci pendant que s’éveille peu à peu la conscience de notre identité avec lui.

Auteur : Paul Degryse

http://radioeveil.com/selon-les-chamans-tolteques-les-8000-tambours-sacres/#

Le vole des terres Indigènes

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 » Les communautés traditionnelles abandonnent ou vendent rarement volontairement les ressources dont elles dépendent, tant qu’elles n’ont pas été détruites. Elles ne permettent pas non plus volontairement l’altération de leurs terres dans le but d’extraire d’autres ressources — or, pétrole, etc. Il s’ensuit que ceux qui veulent ces ressources feront ce qu’ils peuvent pour détruire ces communautés traditionnelles. « 

Extrait de  » Ce qui ne va pas avec la civilisation ( Derrick Jensen )  » pour lire le texte en entier cliquez ici : http://partage-le.com/2015/03/ce-qui-ne-va-pas-avec-la-civilisation-derrick-jensen/

Au cours des cent dernières années, la presque totalité du territoire guarani a été spoliée et transformée en vastes étendues arides pour faire place à des ranchs de bétail, des champs de soja et des plantations de canne à sucre. La plupart des Guarani sont à présent entassés dans de minuscules réserves ou vivent dans des campements sordides au bord de routes très fréquentées.

http://www.survivalfrance.org/galeries/bresil#4